Le soutien-gorge
Le soutien-gorge est un article de lingerie dont l’invention est située au cours du XIXème siècle. Pourtant, il existait déjà depuis l’Antiquité, notamment, des vêtements qui avaient une fonction semblable. Les Grecs et les Romains utilisaient des bandes de tissus pour serrer la poitrine. Les femmes grecques retenaient et comprimaient leurs seins, les formes féminines devant être camouflées, pour des raisons de mode, peut-être, ou encore parce que la femme grecque était sportive. On pense aussi que ces dernières voulaient empêcher leur poitrine de se développer. Cette bande de tissus (taenia), a donné le fascia latin, et d’autres variantes. Au XXème siècle, les petites lanières ou bandelettes permettant de soutenir les bonnets, auraient été remplacées par des bretelles en nylon puis matière synthétique (acrylique ou autre), pour donner plus de souplesse, et rendre le soutien-gorge plus fonctionnel. Les anciennes armatures en métal ont été conservées et adaptées, d’autres matériaux moins rigides venant les remplacer. Mais les coupes des soutien-gorges permettent parfois de s’en passer. Des formules mathématiques élaborées, calquées sur la forme du sein, qui ressemblerait grosso modo à une demi-sphère, ou à un cône, permettent de calculer la taille des différents bonnets. Le tour de poitrine est lui aussi important. Mais il ne faut pas oublier l’écartement entre les seins, variant avec l’âge. Certains soutien-gorges sont destinés à faciliter les pratiques sportives, d’autres ont une fonction uniquement médicale (allaitement, opération de chirurgie esthétique), ou encore seulement esthétique (push-up, wonderbra, de l’anglais bra, etc.). Le soutien-gorge a alors pour fonction d’embellir ou de mettre en valeur la poitrine féminine, sublimant les courbes du sein.
Histoire du soutien-gorge
L’ancêtre du soutien-gorge serait donc une simple bande de tissus utilisée par les femmes grecques. Des historiens de la Protohistoire grecque mentionnent la civilisation minoenne. Sans pour autant mentionner la civilisation indo-européenne, que nous connaissons très mal, nous pouvons donc invoquer plusieurs sources possibles. Le siècle des Lumières a largement exploité le corset dans ses œuvres d’art. Certaines anecdotes rapportent également que certaines courtisanes du roi de France allaient jusqu’à défaillir car elles portaient des corsets beaucoup trop serrés. Au XVIème et XVIIème, il se portait en effet très serré, puisqu’il était agrémenté de lacets qui permettaient de cintrer la taille. Il était également baleiné et laissait la partie haute de la poitrine dégagée, mettant ainsi en valeur la taille, les seins, et le cou, et formant d’une seule pièce un vêtement permettant de soutenir l’ensemble du buste. On peut le deviner sous certaines tenues de femmes dans les peintures baroques du XVIIème siècle ou du XVIIIème siècle français (la Liseuse). Le soutien-gorge comme une pièce de lingerie indépendante du corset, ou de ses variantes, ne se serait imposé qu’à la fin du XIXème siècle, le corset n’ayant jamais été abandonné depuis, réapparaissant régulièrement dans différents pays et différents modes.
Fonction medical
Le soutien-gorge n’a pas seulement une fonction esthétique, il permet également de porter les seins. Il libère le dos d’un effort musculaire pour les femmes à poitrine opulente, et facilite les mouvements de manière générale. La peau étant particulièrement fragile à cet endroit là, il est important de choisir un soutien-gorge adapté, car le sein peut être fragilisé si le maintien n’est pas correct. Une croissance trop rapide du sein, associée à un mauvais maintien peuvent également causer ou accentuer la présence de vergetures. De même, les femmes qui pratiquent le sport régulièrement ont parfois besoin de soutien-gorges spécifiques, les chocs provoqués par des mouvements brusques pouvant endommager non seulement la peau mais l’ensemble du sein. L’allaitement est facilité par certains soutien-gorge conçus pour permettre l’ouverture et la fermeture d’un ou de plusieurs bonnets. D’autres cas, tel que la chirurgie, pour des raisons médicales ou d’ordre esthétique, nécessitent l’élaboration de brassières ou soutien-gorge élaborés dans des matériaux très doux et conçus selon des coupes particulières pour faciliter la cicatrisation. D’autres sont destinés à masser le sein, pour faciliter la circulation sanguine et rendre la texture de la peau plus ferme et plus douce.
Un défi pour les couturiers
Le design du soutien-gorge obéit à des formules mathématiques définies. On se sert couramment du volume d’une demi-sphère ou de celui du cône. Cependant, la forme d’un sein est un peu plus complexe que cela. De plus, il faut tenir compte de plusieurs autres paramètres : poids du sein, écartement entre les seins, taille du buste, tour de poitrine, tour du buste, taille des épaules. Il est donc difficile de produire des soutien-gorges standards pour toute une population de femmes, chacune différente. Il existe néanmoins une grande variété de modèles, et de tailles, tenant compte du volume des seins, de la taille et du poids de la personne, ce qui laisse donc un choix assez grand. Les matériaux ont eux aussi des propriétés spécifiques : pour le sport, par exemple, on préférera des matières souples et élastiques. Un soutien-gorge porté régulièrement devra assurer un bon maintien sans causer de douleur. Des armatures peuvent être gênantes, mais dans certains cas, cela peut s’avérer indispensable (grandes tailles). A cela s’ajoute la contrainte, pour les couturiers, de rendre le produit attrayant, la lingerie n’ayant pas une vocation seulement fonctionnelle, mais destinée, comme tous les vêtements, à embellir celui ou celle qui les porte. Le soutien-gorge est également, dans certains cas (sport, grossesse, problèmes lombaires), une aide précieuse.
Esthétique
Le soutien-gorge fait l’objet de toutes les controverses, tant sur le plan de sa coupe, que de ses multiples applications dans le monde de la mode, ou encore celui de la haute-couture. C’est aussi la préoccupation quotidienne d’une grande majorité de femmes, qui souhaitent qu’il soit assorti à leur tenue. Le soutien-gorge à balconnets permet de relever la poitrine et de lui donner une forme plus arrondie. On en trouve de nombreux exemplaires en coton, soie, ou dentelle. Le soutien-gorge push-up a le même dessein, mais il est généralement fait de matières plus souples et satinées. Il peut être agrémenté de coussinets, pour rendre le sein plus galbé. Le Wonderbra® permet d’effacer les coutures et de porter le soutien-gorge plus discrètement. Les soutien-gorges rembourrés permettent de tricher sur le volume du sein. Des bretelles de soutien-gorge transparentes permettent de faire oublier sa présence lorsqu’ils sont portés avec des hauts qui laissent voir les épaules, ou le dos. D’autres soutien-gorges sans bretelle peuvent être portés avec des robes similaires.
Autres pièces de lingerie apprentées
Le soutien-gorge a des équivalents aussi bien dans la lingerie féminine courante que dans la couture traditionnelle ou actuelle. Le corset est resté à la mode, tout comme le corsage, plus récent, apprécié pour ses vertus esthétiques (lacets, rubans, lanières croisées, ou taille cintrée) et son aspect classique : il met la taille et le décolleté en valeur et satisfait celles qui aiment le mélange des genres. Certains sont baleinés et possèdent des armatures : ils assurent donc un bon maintien et permettent de se passer de soutien-gorge. Les brassières peuvent convenir à celles qui souhaitent avoir plus de confort, ou en font une alternative au soutien-gorge. Le bustier est encore une variante intéressante du soutien-gorge, et plus précisément du corsage. Des soutien-gorges plus esthétiques que fonctionnels sont parfois composés uniquement d’une bande de tissus serrée au milieu, et comportant des attaches ou des bretelles, mais pas nécessairement. Les grands couturiers en font parfois de véritables pièces ornementales, le soutien-gorge mettant non seulement la poitrine, mais l’ensemble du buste en valeur, à l’image de ces socles permettant d’exposer de belles sculptures dans les galeries.